Patrimoine architectural

Patrimoine du XXème siècle

Il est important de se tourner vers le patrimoine laissé par le siècle écoulé, témoin encore présent de notre histoire.

 

Plus d'une dizaine d'ensembles patrimoniaux illustrant l'architecture contemporaine, ont été labellisés "Patrimoine du XXème siècle" sur notre territoire.

Qu'ils s'agissent d'ouvrages d'art, de logements, de villas, de ponts, d'édifices religieux ou sportifs,  ils témoignent de l'évolution technique, économique, sociale, politique et culturelle de notre société.

Des architectes illustres comme Robert Mallet-Stevens, Le Corbusier et Pierre Pascalet proposeront des programmes particulièrement novateurs.

C'est ainsi qu'en 1924 la villa Noailles à Hyères vit le jour avec un style puriste sur la base du plan libre et des "cinq points de l'architecture moderne.

Dès les années 1930, des programmes de plus grande ampleur sont réalisés à l'image de la villa Sylvacane à La Seyne-sur-Mer. Mais c'est surtout après la deuxième guerre mondiale que l'on adopte un ton plus sculptural avec pour exemple la Frontale de Toulon sur le port. Même si cette architecture peut paraître insolite, elle mérite que l'on s'y attarde...et que l'on s'y attache.

Le Corbusier disait "L'architecture est un jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous lumière".

Découvrez les principaux sites labellisés patrimoine du XXème siècle sur le territoire :
 

Villa Noailles (Hyères)  Labellisé "Maison des Illustres"

Montée de Noailles

Située sur les hauteurs d’Hyères, cette villa construit 1923 et habitée à partir de janvier 1925 par l’architecte Robert Mallet-Stevens à la demande de Charles et Marie-Laure de Noailles, témoigne aujourd’hui de l’avant-garde architecturale et artistique du 20ème siècle.
Avec ses 1800m2, cette maison est aujourd’hui un bel exemple de l’architecture rationaliste qui met en application les préceptes fondateurs du mouvement rationaliste : fonctionnalité, épuration des éléments décoratifs, toits, terrasses, lumière, hygiène.... Epris de modernité, Charles et Marie Laure de Noailles ont fait appel à de nombreux artistes pour son aménagement, ainsi  il confie à Gabriel Guévrékian le jardin cubiste et la piscine.

Aujourd’hui, la villa Noailles est un centre d’art qui propose des expositions temporaires de mode, photographie, architecture et design et accueille des artistes en résidence.
La villa organise chaque année au mois d’avril, le Festival International de Mode et de Photographie et en juillet le festival international Design Parade qui ont pour vocation à soutenir les jeunes créateurs et faire découvrir les productions de leurs aînés. Tous les événements et expositions organisés par la villa Noailles sont ouverts à tous et gratuits...
Depuis 2010 une exposition permanente est consacrée au couple de mécènes et aux artistes qu’ils ont soutenus des années 1920 aux années 1960.

 

Chapelle Notre-Dame-de-Consolation (Hyères)

Colline de Costebelle

Dès 1062, une première chapelle dédiée à Saint-Michel est mentionnée sur la colline de Costebelle. En 1395, une bulle du Pape Benoît XIII qualifie la chapelle-de-Notre-Dame de Consolation pour la première fois. Lieu d’un important pèlerinage, la chapelle abritait une collection de 400 ex-votos, aujourd’hui conservée dans l’église Saint-Louis.
Le sanctuaire a été détruit lors des combats du débarquement de Provence le 15 Août 1944.
En 1952, la municipalité de Joseph Clotis décida la reconstruction de la chapelle qui fut confiée à l'architecte hyérois Raymond Vaillant. Il fit appel pour le décor au maître verrier Gabriel Loire et au sculpteur Jean Lambert-Rucki.
Cette chapelle se visite librement le samedi et dimanche de 8h à 20h (sauf durant les offices religieux dimanche matin).

Des visite guidées sont organisées le samedi et dimanche à 15h30 et 16h30.

 

Le Pont Levant (La Seyne-sur-Mer)

Port de La Seyne-sur-Mer

Le pont fut commandé et dessiné en 1914 Eiffel et construit de 1915 à 1917 par la société Daydé pour les Forges et Chantiers de la Méditerranée.
Chef d'oeuvre du XXème siècle, cet ouvrage métallique a permis d'assurer l'accès du chemin de fer sur le site des anciens chantiers navals pour le transport des matières premières, sans traverser le centre-ville. Il se lèvera pour la dernière fois en 1986...
L'ouvrage métallique, aujourd'hui transformé en belvédère, est ouvert au public. A 40 mètres au dessus du niveau de la mer, vous pourrez admirer la vue panoramique sur la rade.

 

La villa Sylvacane (La Seyne-sur-Mer)

Corniche de Tamaris

Dans le quartier de Tamaris, vous découvrirez la villa Sylvacanne de Robert Rougeul, ingénieur des arts et manufactures et directeur du chantier de construction navale de Port-de-Bouc. Elle fut construite en 1939 selon ses propres plans, sur la base des principes constructifs et décoratifs qui lui étaient chers. L'ensemble sera moderne. Cette villa est un bel exemple de maison paquebot en béton, aux volumes simples, aux toits terrasses étagés, elle est labellisée "architecture remarquable du XXème siècle".
Propriété privée, elle ne se visite pas mais est facilement visible de la route par sa géométrie...

La Frontale du port (Toulon)

Quai Cronstadt

Construite après la 2ème guerre mondiale par l'architecte Jean de Mailly, Grand prix de Rome, la frontale se veut une architecture ouverte aux expérimentations. D'inspiration plutôt moderne avec des modules en béton préfabriqués, de l'acier et du verre on voit apparaître des éléments nouveaux tels que des toitures en terrasse, des claustras pour acceuillir des végétaux...
Le projet, associé à celui du Port Marchand confié à Mikelian, obtient le prix  de la Triennale de Milan en 1952 et la ville de Toulon est considérée comme un modèle de réussite urbaine et architecturale. Le 1er immeuble est inauguré en 1953. Ces bâtiments sont labellisés “patrimoine remarquable du XXèmesiècle” depuis l’an 2000.
La Frontale offre aujourd'hui une belle promenade le long du quai Cronstadt où vous pourrez flâner pour admirer embarcations traditionnelles, yachts, paquebots et bâteaux militaires. N'hésitez pas à vous détendre à l'une des terrasses de café qu'elle abrite au rez de chaussée !

 

Le Hameau des Sablettes (La Seyne-sur-Mer)

Annexe balnéaire de la station de Tamaris, Sablettes-les-Bains, est construite en 1887 par Michel Pacha avec un casino, un hotêl, un café-restaurant, un théâtre...
Détruite lors de la deuxième guerre mondiale elle sera reconstruite par Fernand Pouillon comme un hameau. Il trouve là un véritable terrain d'expérimentation et allie nouveaux matériaux à l'esprit néo-provençal. Attaché à l'ornement dans sa simplicité, Fernand Pouillon fait appel à des artistes tels que Jean Amado pour la fontaine et Philippe Sourdive pour les céramiques.
L'ensemble architectural de Pouillon a reçu en 2006 le label "Patrimoine du XXème siècle".

 

Architecture XXème siècle non labellisé

La villa Gandarillas dit château Saint-Pierre  (Hyères)

Rue Saint-Pierre

Cette villa de style hispano mauresque et néo normand, des années 1920, tombée dans l'oubli depuis quelques années va renaître grâce à la mise à disposition par la ville de Hyères à la communauté d'agglomération.  
Située juste au dessus de la Villa Noailles, dans un manteau de verdure elle témoigne du goût pour l'Orient de nos hôtes au début du 20ème siècle. Elle fut construite pour la vicomtesse Vroomans Leclercq en 1921, puis propriété successive d'Edith Warton, Tony Gandarillaset du couple Noailles.
La réhabilitation de cet édifice, initié par Patrick Bouchain, a été imaginé sous la forme d'une structure autonome insérée dans l'architecture existante. "La boîte" faite de bois et polycarbonate acceuillera un atelier de prototypage ouvert aux designers en résidence à la villa Noailles. C'est ainsi que le designer Antoine Boudin a réalisé pour cet atelier des cloisons et du mobilier en cannes de Provence, une ressource locale abondante et hyèroise qui pourrait ainsi connaître de nouveaux usages. Un jardin belvédère réinventé,  s'ouvre sur les toits de la ville et mêlent de nombreuses espèces indigènes comme exogènes. Une certaine ambiance romantique s'émane de jardin.

 

 « Le nouveau a toujours contre lui les chances écrasantes des lois statistiques et de leur probabilité qui, pratiquement, dans les circonstances ordinaires, équivaut à une certitude ; le nouveau apparaît donc toujours comme un miracle ».
Hannah Arendt, "Condition de l’homme moderne"